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Genève...Braises et flocons de neige 

 

Même si Balzac brûle d’impatience de rejoindre Madame Hanska à Genève afin d’y  consolider leur relation amoureuse prudemment amorcée à Neuchâtel, son travail littéraire et ses affaires vont le retenir à Paris plus longtemps que prévu. Pris par ses engagements contractuels auprès de divers éditeurs et par la nécessité de se constituer une « caisse » pour entreprendre le voyage, il redouble d’énergie à son travail d’écriture :


« Donc maintenant il faut travailler jour et nuit. Quinze jours de bonheur à conquérir à Genève, voilà les paroles que je trouve gravées en dedans de mon front et qui m’ont donné le plus fier courage que j’aie jamais eu ».


Le fruit de ce travail dense et passionné sera la parution, début décembre 1833, de son œuvre « Eugénie Grandet ». Elle est triomphalement accueillie.

LES VOYAGES D'HONORE DE BALZAC

Fort de ce succès, Balzac quitte enfin Paris le cœur léger et le porte-monnaie plus fourni le 21 décembre 1833, emportant dans ses bagages le manuscrit d’Eugénie Grandet qu’il compte offrir à Mme Hanska.

Il emprunte probablement les mêmes itinéraire et moyen de transport que pour se rendre à Neuchâtel, en passant par Troyes et Dijon et en continuant par Dole.

Il arrive sur les bords du lac Léman le mardi 24 décembre et descend à l’auberge de l’Arc, non loin de la pension où réside la famille Hanski. Mme Hanska lui fait parvenir dès son arrivée un présent plein de promesses : l’un de ses cheveux noirs serti dans un anneau. Il ne quittera plus le doigt de Balzac…

Balzac restera à Genève jusqu’au 8 février, partageant ses journées entre son travail d’écriture quotidien (il y consacre 12 heures d’affilées, de minuit à midi, plongé dans la rédaction de Séraphita), des mondanités et promenades en compagnie du couple Hanski au cours desquelles les deux amoureux intensifient leur relation. Au bout de quatre semaines de manœuvres patientes mais assidues auprès de Mme Hanska, Balzac concrétise enfin le but de son voyage à Genève :

le dimanche 26 janvier, ils deviennent amants à l’hôtel de l’Arc…

 

Balzac quitte Genève le 8 février et arrive à Paris le 12 février. Le voyage de retour qui dure 4 jours, est extrêmement pénible par le temps d’hiver en montagne. Il écrit à Mme Hanska le lendemain de son retour :
 
« Le froid a été vif. Le samedi matin, j’ai fait tout le Jura à pied, dans la neige […]. Aujourd’hui, je me replonge dans mes travaux, et ils sont écrasants »

A l'issue de ce voyage suisse qui a vu naître leur idylle, les amants se sont promis d'unir leur destin à jamais dans un avenir qui aura raison des obstacles de l'espace et du temps qui les séparent.

Vaine promesse ou espoir du domaine du possible ?

Quand et où Balzac et l'épouse Hanska pourront-ils entretenir la flamme à peine naissante mais déjà ardente ?

Quel subterfuge Balzac pourra-t-il trouver pour justifier auprès du comte Hanski un nouveau séjour en leur compagnie ?...

Malle-poste de Dole à Genève 1832

Gravure du Lac Léman

BALZAC

HANSKA
Association Franco Ukrainienne